Chez les juifs orthodoxes on prie pour un mort chez lui au
milieu des siens pour finaliser le deuil.
Je ne sais pas prier alors j'ai préféré rendre un hommage à
Daniel en diffusant ce petit film qui relate une de nos nombreuses escapades en
campagne à la découverte d'une auberge (16 mars 2007).
Daniel m'a appris beaucoup de choses essentielles : une
autre échelle du temps, un engrenage qui se déroule au rythme des rendez-vous
pour ces ballades et au rythme des dates
de concert auxquels il participait ; aimer la vie au point d'accepter
toutes ces souffrances sans se plaindre ...
Les épicuriens disaient qu'il ne faut pas craindre les dieux
parce qu'ils ne s'intéressent pas vraiment à nous simple mortel, Stendhal était
autrement acerbe par cette métaphore célèbre : « La seule excuse de
Dieu c'est qu'il n'existe pas !! ». Moi je dirais plus « simplement » :
il faut aimer la vie de tous les instants et surtout aimer son destin pour l'apprécier
de tout son être : devenir ce qu'on est et consentir à sa volonté vers la
puissance de vivre.
Une dernière anecdote : le matin, quand j'ai reçu
le SMS de Pascal qui m'annonçait sa mort, le ciel était couvert de cendre et j'étais
bloqué avec des milliers de gens à l'aéroport de Madrid. Deux jolies suissesses
me proposaient de partager une place dans un bus direction Genève pour échapper
au piège quand le téléphone a bipé mais je voulais absolument accompagner
Daniel pour notre dernière escapade, voilà la grande faucheuse aurait pu
attendre encore un peu .....