08-02-2012
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Histoire de Champignon Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail

Image Non, non !! il ne s'agit pas de Psilocybe semilanceata ni d'amanite tue mouche, encore moins de sauce morille-crème fraiche ni même de fricassé de girolles. Image

Champignon est un cheval et cet article raconte mes aventures avec ce quadrupède fort sympathique.

ImageCette année j'ai décidé de passer au moins un mois chez mon ami Laurent à Bichino quelque part au milieu du Brésil dans un territoire pré amazonien.

Craignant l'ennuie et l'enfermement  j'ai pensé judicieux (judicieux n'est pas forcément une de mes qualités) de m'occuper d'un cheval : de le soigner, de le monter etc ..
En fait pris entre l'ashram et la jungle tropicale je préfère la jungle !! Mais comme on va le voir ci-après je n'ai pas vraiment évalué les risques ....
Notre ami Jean (voisin de LL = Laurent Lange avec deux L, mais où sont passées les ailes ??) a proposé, pour mon usage, son cheval Champignon. Cheval fort délaissé depuis que les activités de Jean l'obligent à fréquenter la ville (Belo Horizonte).

Image


Donc voilà Champignon qui arrive un beau matin avec son maître après quelques aventures pour le retrouver dans le vaste territoire avoisinant où il se ballade d'ordinaire très librement et apparemment heureux !!

 

 


Plusieurs problèmes se sont posés immédiatement :

1)      Préserver le territoire et le jardin existant.
2)      Eviter que le cheval endommage les escaliers de pierre et les rambardes diverses.
3)      Ne pas abimer (ou simplement « user ») le matériel de cavalerie, selle et autre.

(clicker sur l'image pour visionner le film)




L'unique solution réside à loger le cheval dans mon territoire et à se passer provisoirement de toute sellerie, et c'est alors que les vrais problèmes se sont posés !!

Ce territoire est devenu un quasi cloaque où seul le chemin qui le traverse semble « accueillant ». Tout autour la nature se partage entre marais nauséabond et lande envahie par des herbes et plantes tropicales habitées par des colonies de Carapat  et autres bestioles venimeuses.

Ci-après vous pourrez visionner un film tourné en 2000 au moment de l'achat de ce terrain qui ressemblait encore à un « investissement » avec une petite ferme (qui a disparu avec les tuiles de son toit), des prairies avec des chevaux, des clôtures entretenues, une jolie fille plein d'humour ...

(clicker sur l'image pour visioner le film)





Aujourd'hui, en tout cas, la tranquillité est définitivement assuré, ni touristes ni même buffles pour pâturer et entretenir quelque peu.

 De toute façon il y a comme un bruit dans la montagne qui brouille définitivement la communication avec les indigènes même ceux qui apparemment auraient bien voulu entretenir ce terrain. On verra que ce problème de communication nous jouera encore un (mauvais) tour dans la suite de cette aventure.

Donc la seule activité quotidienne avec Champignon consiste à faire les « 100 pas » le long du chemin (comme une passerelle au-dessus du cloaque) en lui proposant quelques grains de maïs pour l'attirer.

(clicker sur l'image pour visionner le film)


Au bout d'une semaine on se lasse, normal, d'où ma décision d'aller acheter du matériel, selle et autres babioles, pour enfin pratiquer.

Donc un matin direction Dores de Campos, la capitale local du cuir. On emprunte pour cela le Pick-up de Vania (la copine de LL et il y aurait tout un chapitre à consacrer à ce Pick-up mais c'est une autre histoire). Et nous voilà partie aux emplettes diverses, Jean, LL et moi.
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Le lendemain, impatient d'essayer tout ce bel investissement, je vais à la rencontre de Champignon ... mais pas de cheval, ni ce jour, ni le lendemain, ni le surlendemain. Disparu le canasson !!

Laurent est dans tous ses états : on l'a volé, il est mort enlisé dans le marais puant, il s'est sauvé chez les voisins (la clôture est quasi abandonnée) ... bref toute une panoplie de scénario catastrophe avec quelques interrogations concernant le moral de Jean qui a perdu (définitivement) son cheval.

Croit pas trop aux drames (aucun vautour dans le ciel) et alors on décide avec Jean de partir à sa recherche, c'est le meilleure de cette aventure parce qu'on a fait une jolie ballade dans les environs.

J'ai pas mal communiqué avec Jean en mangeant des oranges sauvages en traversant le site quelque peu abandonné de Renato et Monica, assis dans deux fauteuils légèrement moisis sous la véranda de cette petite maison perdu dans la jungle. On a rencontré pas mal de chevaux, et quelques personnages du voisinage, mais toujours pas de Champignon...

ImageRetour à l'ashram où travaillent tous les jours plusieurs ouvriers « indigènes » (un jardinier, un maçon, un aide maçon, un charpentier, une cuisinière) et on croise, Jean et moi, un de ceux-là, par hasard qui rentre chez lui ... il nous dit en rigolant « le cheval il est là !! Je le voit tous les jours, il n'est jamais partie ... ». Et de fait on le retrouve, mal en point, il devait avoir quelques difficultés de boire l'eau du cloaque, et c'est pour cela qu'il ne répondait plus à mes appels, affaibli dans les hautes herbes, justes le soir il descendait vers la portière qui clôture le chemin et c'est là que tous ces ouvriers l'apercevaient !!

De toute façon il y a comme un bruit dans la montagne qui brouille définitivement la communication avec les indigènes même ceux qui apparemment auraient bien voulu nous rendre service et nous aider immédiatement à retrouver Champignon : au moins si ils avaient su qu'on le recherchait « désespérément » depuis plusieurs jours.

Donc « exit » Champignon récupéré à juste titre par son maître. J'ai toujours pas essayé ma selle ni fait du cheval, grâce à Renato et Monica j'en aurais l'occasion quelques jours plus tard.

(clicker sur l'image pour visionner le film)


Fin de l'aventure. Je voulais conclure par une « morale » philosophique mais je pense que j'ai réglé quelques comptes débiteurs et je me sens soulagé (un peu).

Tiré du « Gaie Savoir » de Nietzche, un aphorisme que je rumine souvent : « quel est la plus belle humanité ?? C'est d'épargner la honte à quelqu'un".

 
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La voix de l’enfant :

L’enfant (male) perd sa voix au moment de la mue, c’est une sorte de petit drame ignoré qui pourtant va le motiver à rechercher ce timbre cristallin à jamais perdu qu’il tentera de retrouver en composant de la musique pour des instruments ou d’autres voix (de femme) et en choisissant toutes les tessitures désormais possible.  Il y a du reste peu de femme qui compose de la musique.

 

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