LE MAGE
Crowley décrivait la Magie comme l'art et la science de provoquer des changements en accord avec la volonté, ce qui importe en tout premier lieu, c'est l'aptitude à décider de quelque chose et de faire que ça arrive.
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"Bon, on a ici le magicien, il fait, euh, il sort et il dit - Bon, balançons donc quelques crânes d'araignées et de l'écaille de tortue, mélangeons ça à quelque bave de crapaud, qu'on va gentiment exposer à ce coeur de noirceur de Diogène. On scande trois incantations, et voyons, qu'est-ce que je faisais, déjà? Ah oui; on va en répandre un peu sur le sol, ah la! imaginez ça, il pousse un arbre ici, et il commence à tout avaler aux alentours.
Bon, c'est intéressant, hein? Et soudain, bon, il dit "mais ça commence à s'assombrir, par ici, qu'est-ce qui peut bien se passer? Pffuii! c'est cet arbre qui pousse dans toutes les directions et qui cache la lumière. Vaut mieux que je rejoigne ma caverne, mais zut, il n'y a plus de caverne, et cet arbre, il est partout, et ainsi de suite". Et il continue; et il commence à rouspéter vers l'arbre: regarde-moi ça, ce qu'il me fait? Quelle saleté, cet arbre, quel cataclisme, regarde un peu toutes les vacheries qu'il fabrique. Et un second magicien s'approche, il le voit ruiné, en train de mendier le long des routes, et de se plaindre amèrement de ce qu'a fait l'arbre. Il a commis plusieurs erreurs. La première, c'était de mélanger toute sorte de choses sans postuler d'abord le résultat qu'il désirait avoir. Il n'a pas exprimé ce que devait être le produit final. La seconde, euh, il n'a pas dit ce qu'était le produit final, quel but il voulait atteindre, pourquoi il voulait atteindre ce but - il a immédiatement abandonné le sommet-cause, et s'est laissé glisser dans la vallée-effet. Au moment où il s'est trouvé côté effet, il a vu la cause enfler, prendre la lumière, et il a dit "Bon, je ne suis pas le responsable de ce truc, et euh, je suis drôlement affecté... et il a continué à dégringoler."